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La Femme Verte-Small Distortions
par Gaylord le 07/11/2010

lfvcoversml11De petites distorsions. Des fêlures dans le miroir. Des frémissements émotionnels. Des failles mineures dans la réalité. Des bruissements dans les feuillages. Des lumières diaphanes. Des gouttes d’eau en suspension. Des sols qui se meuvent mais ne se dérobent pas. Des changements en douceur. Des boucles qui ne se bouclent jamais. Voici ce que nous offre Small Distortions, l’album de La Femme Verte, un projet collectif et international. Le nom évoque inévitablement la Fée Verte, autrement dit l’absinthe. Mais aussi une belle plante, à l’image de la pochette, bien que reconstruite virtuellement, comme une femme idéale.

La galerie de personnages qui interprête les morceaux (qui figurent tous en photo dans le livret du très beau digipack) mêle surtout Belges, Anglais et Français, jeunes et moins jeunes, tous vocalistes, mais dans des registres très différents. Julianne Regan, ex-chanteuse de All About Eve, Jay Aston, ex-chanteur de Gene Loves Jezebel (encore une référence biblique et cinématographique à la fois), compagnons de route de jadis, côtoyent des personnalités comme Bertrand Burgalat ou Shadowhuntress.

A ce projet collectif à multiples facettes, à cette famille a priori décousue, il fallait un pivot, un catalyseur. C’est le Belge Jean-Marc Lederman, initiateur du groupe, qui synthétise, organise, fait prendre la sauce, depuis Bruxelles. Il se charge de toutes les musiques, sur des bases électroniques, laissant le soin à ses comparses de poser leur voix sur ces compositions. Il crée également les visuels et coordonne les clips vidéo.

Les compositions en question sont toutes des reprises. Et, là encore, diverses et variées. Des Stones à Depeche Mode en passant par Nick Cave. Mais des reprises qui sonnent souvent comme si elles étaient des compositions originales, ou du moins qui sont déconstruites et reconstruites, pour donner lieu à une réinterprétation intriguante.

Small Distortions baigne dans une ambiance éthérée, onirique, atemporelle, mi-reposante mi-inquiétante, gorgée de soul, entre conte de fées et drame imminent. On se surprend à rêver de moulins au clair de lune sur “Moonligt Mills” (chantée à merveille par Julianne Regan et Jay Aston), baigné d’une douce lumière presque surnaturelle ; ou à panser ses blessures (imaginaires) et retrouver des amis perdus sur “Hurt” de Nine Inch Nails, déjà reprise par Johnny Cash ; ou bien à vivre la plus belle journée de sa vie avec “Perfect Day” (Lou Reed) ; ou encore à voyager dans une autre dimension en flottant en apesanteur avec “Falling”, reprise de la chanson de Twin Peaks composée par Angelo Badalamenti et chantée par Julee Cruise, ici chantée (en français dans le texte !) à nouveau par Julianne Regan.

Small Distortions de La Femme Verte, un album qui s’apparente à une quête initiatique, parfois proche d’un silence peuplé de rêveries, à écouter plutôt le soir, à la tombée de la nuit, à la lumière de la lune.

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