Nick Cave And The Bad Seeds-Henry’s Dream
par Gaylord le 22/04/2009
Henry’s Dream est l’un des albums les plus accessibles de Nick Cave And The Bad Seeds, mais aussi l’un des meilleurs. C’est celui qui leur a ouvert la porte au grand public. Il est beaucoup moins abscons que les premiers efforts du groupe. D’un certain point de vue, on peut considérer qu’il s’agit de l’apogée du King Ink et de son groupe.
Celui-ci est composé de Nick Cave au chant, de Mick Harvey aux guitares électriques et acoustiques et à l’orgue, de Blixa Bargeld (par ailleurs chanteur du groupe “industriel” allemand Einstürzende Neubauten) à la guitare électrique (ses tentatives pour maîtriser la guitare slide au bottleneck font partie intégrante du son des Bad Seeds), de Conway Savage au piano, de Martyn P Casey à la basse et de Thomas Wydler à la batterie.
Comme toujours avec Nick Cave, il s’agit d’un blues revisité. Pas le blues scolaire d’un Eric Clapton, un blues moite et poisseux, très personnel, qui évoque bien entendu le Vieux Sud américain. La Bible reste la première source d’inspiration. Le spectre de Birthday Party, premier (ou plutôt deuxième après The Boys Next Door) groupe de Nick Cave, au sein duquel officiait déjà Mick Harvey, est ici convoqué. Nick cave et son groupe font le pont entre le blues et le rock voire la pop. Il n’est jamais question de facilité ici, mais toujours d’inspiration et d’originalité. Les mélodies sont toujours complexes et excellemment construites, les arrangements très fouillés.
Sur Henry’s Dream, les guitares sont à l’honneur, beaucoup plus en avant que sur l’album précédent, The Good Son, qui était basé sur les claviers (piano et orgue) et les cordes. D’une certaine façon, cet album représente la synthèse parfaite entre les premiers albums de Nick Cave And The Bad Seeds et The Good Son.
Les choses commencent de fort bonne manière avec “Papa Won’t Leave You Henry”, au rythme chancelant et aux accents presque celtiques. “I Had A Dream, Joe” commence de façon gospel pour ensuite prendre des allures très speed, toutes guitares dehors. “Straight To You” se caractérise par son phrasé d’orgue entêtant. “Brother, My Cup Is Empty” sonne très bluesy. Sur “Christina The Astonishing”, le recueillement est de rigueur. “When I First Came To Town” commence par des arpèges de guitare acoustique et est presque aussi mystique que le précédent morceau. “John Finn’s Wife” est un morceau poignant. “Loom Of The Land” est une magnifique ballade telle que seul Nick Cave est capable d’en écrire. Henry’s Dream s’achève par “Jack The Ripper”, autre temps fort de l’album, morceau qui inspirera le groupe français du même nom (ils le reprenaient sur scène à leurs débuts).
Un excellent album, qu’il serait temps de réhabiliter.
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