Public Image Limited-Flowers Of Romance
par Gaylord le 22/04/2009
Flowers Of Romance est le troisième album de Public Image Limited. Rappelons que cette formation parfois connue sous le nom de PIL est l’une des premières du post-punk. C’est le second groupe de Johnny Rotten, éructeur en chef au sein du proto-boys band les Sex Pistols, qui retrouve alors son nom civil de John Lydon.
C’est l’œuvre la plus aboutie du groupe, celle qui va le plus loin – le plus profondément je dirais –, explorant les méandres des tourments de l’âme humaine. Une musique étouffante, claustrophobique, angoissante, emplie de sons sortis de nulle part.
Le chant de Lydon est plus maladif et malsain que jamais. Il s’agit d’ailleurs plus de parler que de chanter. On adore ou on déteste sa voix, mais elle ne laisse pas de place pour la demi-mesure.
Le punk a la gueule de bois et ça s’entend. Le résultat, c’est le post-punk. Mais un post-punk sans guitare(s) et sans basse ! (Ou presque.) En effet, le brillant – quoique héroïnomane – Keith Levene délaisse sa six cordes pour n’en tirer que des crissements et autres bruitages. Il se concentre sur un piano désaccordé et des claviers bruitistes. Le bass-hero Jah Wobble, responsable du son dub sur les deux précédents albums de PIL, s’en est allé vers d’autres cieux, bien que crédité. Leven assure la basse sur quelques morceaux, nous gratifiant de lignes dub que Wobble n’aurait pas renié.
Mais la pièce de choix de l’album, c’est la batterie ! Non, vous ne rêvez pas, un groupe post-punk dont l’instrument dominant est la batterie. On pense alors aux Creatures, projet parallèle de Siouxsie et de son batteur de mari Budgie. Les fûts ne sont pas tenus par n’importe qui mais par Martin Atkins (Killing Joke, Ministry), bien meilleur que son prédécesseur. Il n’a pas son égal (si l’on excepte Budgie) pour remplir l’espace de roulements tribaux, de coups oppressants.
Il en résulte un album qui fascine autant qu’il met mal à l’aise. Difficile de mettre en avant tel ou tel morceau. Flowers Of Romance possède une homogénéité peu commune, même si aucun titre n’est semblable à un autre. Il s’écoute d’une traite (même si l’expérience est harassante), il fait bloc.
L’écoute de cet album vous plongera dans un état de transe cathartique ou de malaise indicible, c’est selon. Mais il ne peut laisser personne indifférent…
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