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Siouxsie And The Banshees-Join Hands
par Gaylord le 22/04/2009

Cet album de Siouxsie And The Banshees n’est pas le meilleur du groupe, et même celui qui est le plus difficile à écouter. Il est certes meilleur que Superstition, qui sortira en 1991 et est leur moins bon. Il est surtout beaucoup plus important et fondateur, sinon fondamental. On aura rarement entendu musique aussi froide, sombre, décharnée. Faisant suite à l’excellent The Scream (1978), plus punk mais aussi plus mélodique, Join Hands garde le même line up.
On y retrouve le chant hanté de Siouxsie Sioux, la guitare métallique, gorgée de distorsion et de flanger de John McKay, la basse glaçante de Steven Severin et la batterie tribale de Kenny Morris (eh oui, déjà avant Budgie !). Mais on sent le groupe au bord de l’implosion, le guitariste et le batteur quittant d’ailleurs Siouxsie And The Banshees au cours de la tournée qui s’ensuivit. Cette tension, cette morosité et ces frustrations au sein du quatuor se retrouvent dans la musique de l’album.
Le meilleur morceau de  Join Hands est sans nul doute “Placebo Effect”, chef-d’œuvre de musique glacée. On retiendra aussi le single “Playground Twist”, héritage de la période punk, la bizarrerie “Mother/Oh Mein Papa”, hommage empoisonné de la chanteuse à ses parents, avec sa boîte à musique, et le très long et étrange, presque gothique “The Lords Prayer”, que le groupe jouait, en version improvisée, lors de ses premiers concerts, avant le premier album. Déjà les thèmes bibliques ou mythologiques, toujours chargés en symboles forts, les références à l’histoire lointaine de l’Europe, qui toujours caractériseront les paroles et l’ambiance du groupe, tout cela n’étant pas sans invoquer la pythie Nico, modèle de Siouxsie Sioux
Join Hands eut une influence énorme sur les mouvements gothique puis cold-wave alors sur le point de naitre, et qui ne se remettront pas de cet album, de Closer de Joy Division et de Pornography de The Cure, et plus immédiatement, pour s’en tenir à des groupes majeurs et pionniers, sur le premier album de Cocteau Twins, et le premier album de Dead Can Dance, où l’on retrouve ces sons de guitare, de basse et de batterie et cette atmosphère glaciale, rachitique et pesante.
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