Virgin Prunes-The Hidden Lie (Live In Paris 06/06/1986)
par Gaylord le 09/12/2009
The Hidden Lie est plus qu’un simple live. D’abord parce que plusieurs morceaux sont des inédits, introuvables ailleurs. Enregistré à Paris en juin 1986, cet objet désormais presque introuvable montre un groupe qui a vu son line up changer à plusieurs reprises (le guitariste Dik Evans, frère de The Edge, et le deuxième chanteur Guggi étaient partis à peine deux ans plus tôt) et qui est sur le point de se dissoudre (le chanteur Gavin Friday partira quelques mois plus tard), mais qui garde toute sa créativité. Une folie désormais plus maitrisée, annonçant le deuxième vrai album du groupe, The Moon Looked Down And Laughed, qui sortira le mois suivant. La configuration et l’état d’esprit du groupe sont donc particuliers à ce moment là. Les Virgin Prunes sont réduits à l’essentiel, un chanteur, une guitare, une basse et une batterie. Alors qu’on avait pu les voir avec deux chanteurs, voire trois (Guggi et Dave-Id Busaras) !
On trouve notamment sur ce live trois reprises, « Lady Day » de Lou Reed, « God Bless The Child » de Billie Holliday, et « The Blues Song », adaptation de « Show Me the Way to Go Home », chanson traditionnelle du répertoire des chansons à boire. Si la première reprise n’a rien de vraiment étonnant, tant le Velvet Underground et son chanteur ont influencé les groups post-punk (même si le morceau en question est très loin d’être un classique), les deux autres le sont déjà bien avantage. Ces influences jazz et blues, qui seront d’ailleurs bien perceptibles sur le deuxième album, remettent sévèrement en cause l’étiquette « gothique » trop vite accolée aux Virgin Prunes (et à d’autres groupes post-punk), ou plus précisément oblige à accorder à ce genre de groupes beaucoup plus de profondeur, d’authenticité et d’ouverture d’esprit qu’on ne leur accorde habituellement. On peut en tous cas imaginer un certain étonnement – et amusement pour le dernier morceau – de la part du public français de l’époque.
Le disque vaut aussi pour deux morceaux totalement inédits, des compositions originales, « Never Ending Story » et « Love is Danger », deux très bonnes ballades empoisonnées et bluesy.
Le live contient également les classiques du premier vrai album, …If I Die, I Die, « Sweethome Under White Clouds » (joué deux fois, en ouverture et en clôture, rebaptisé dans le premier cas en gaélique « Baile Binn (Faoi Néalta Bánn) » et joué d’une façon plus expérimentale) et « Caucasian Walk » (plus qu’imparable), et le single de cette époque « Pagan Lovesong », ainsi que trois morceaux de l’album sur le point de sortir, « Heaven », « The Moon Looked Down and Laughed » et « Alone » (dans une version minimaliste).
Finalement, à peine plus de la moitié des morceaux se retrouve sur les albums, ce qui fait déjà l’intérêt de ce live, au son excellent. Les versions de ces morceaux ne sont pas extraordinaires, n’apportant pas grand chose si on les connaît déjà, mais on est plus que consolé par les trois reprises (celle de Lou Reed étant vraiment excellente) et surtout par les deux inédits. The Hidden Lie, plutôt qu’un moyen de découvrir le groupe, pourrait être recommandé aux amateurs qui apprécient déjà leur discographie studio.
Mot(s) clé(s) : Billie Holliday • Dik Evans • Gavin Friday • Guggi • Irlande • Lou Reed • Paris • The Edge • Virgin PrunesArticles récents
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