New Model Army-Paris [La Maroquinerie]-vendredi 18/12/2009
par Gaylord le 19/12/2009
(C) 2007 Marc Planard sous licence Creative commons
On le sait, un concert de New Model Army ne peut pas être décevant. On peut les voir de nombreuses fois et toujours être conquis et emporté, sans mauvaises surprises. C’est à un grand concert du groupe qu’il nous est donné d’assister ce soir à la Maroquinerie. Le groupe jouit d’un culte peu commun, avec de nombreux fans qui connaissent toutes leurs paroles par cœur, et des hordes de travellers, ces fans anglais qui les suivent depuis toujours étaient présentes, pour profiter de cette énergie, vivre le concert à fond et mettre l’ambiance. Autant dire que ça pogotait sévère !
Le groupe a retrouvé sa cohérence, il est plus soudé que jamais, le concert est très homogène, sans temps mort, et le son du groupe est centré sur les guitares (souvent quatre de front avec la basse).
Il faut dire que le dernier album est excellent, le meilleur de New Model Army depuis le début des années 90, ce qui augurait de concerts particulièrement fiévreux et riches en émotions.
Justin Sullivan, comme les autres membres du groupe, est au sommet de sa forme. Son regard, inquiétant, sa dentition, incomplète, participent au magnétisme qu’il exerce sur la foule. Mais c’est surtout, outre son jeu de guitare irrésistible (à l’acoustique ou à l’électrique), son chant très charismatique qui emporte l’auditoire. Le nouveau guitariste, au jeu plus blues et surtout plus metal, a un rôle désormais important. Le claviériste, très bon musicien, joue au moins autant de guitare (rythmique). A eux trois, ils comptabilisent plus de cheveux et de barbe qu’un membre de ZZ Top, ce qui n’est pas peu dire. Le bassiste Nelson, d’une placidité remarquable alors que son jeu est impressionnant, exécutera son solo avec la basse sur sa nuque sur « No Rest ». Quant au batteur, son jeu est métronomique, implacable, d’une précision exemplaire, mais aussi unique.
Les morceaux s’enchaînent, sans faille, et le plaisir est sans cesse renouvelé, la foule se met rapidement à bouger et pogoter. Bien des « tubes » seront joués comme « Vagabonds », « Poison Street » ou « Here Comes The War », mais aussi des titres plus rares. Le dernier album est bien sûr à l’honneur, mais aussi Thunder And Consolation (1989), souvent considéré comme leur meilleur. En revanche, l’avant-dernier, High, est largement laissé de côté, et c’est tant mieux, le morceau « High » apparaissant d’ailleurs comme le plus faible joué au concert. Parmi les sommets du concert figurent les deux meilleurs morceaux du dernier album, « Autumn » et « Mambo Queen Of The Sandstone City ». Presque chaque morceau, y compris du dernier album, apparaît comme un hymne.
Au total, le groupe aura joué deux heures, laissant les spectateurs médusés mais heureux. New Model Army dégage une énergie peu commune, voire unique, et incarne le rock comme aucun autre groupe actuellement.
Mot(s) clé(s) : Justin Sullivan • La Maroquinerie • New Model Army • ParisArticles récents
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